La renaissance

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Le courant renaissance couvre une période longue de deux siècles durant lesquels la peinture s’exprime différemment selon la région, l’école picturale ou encore le contexte politico-social. Ce vaste mouvement est généralement divisé en trois périodes : la première renaissance (1400 - 1500), la renaissance classique (1500 - 1520) et le maniérisme (1520 - 1600).

Le nouveau style s’impose d’abord en Italie dès le XVe siècle. Dans le reste de l’Europe le gothique international continu de prospérer mais les grands bouleversements sociaux, politiques et scientifiques obligeront l’art à proposer de nouveaux moyens d’expression afin d’établir un langage pictural représentatif d’une époque où les mentalités et les points de vue ont radicalement évolué par rapport au moyen âge : la prise de Constantinople en 1453 annonce le recul du pouvoir absolu du christianisme sur le monde occidental et la philosophie humaniste naissante amène peu à peu l’Homme au centre des préoccupations à la défaveur de la figure divine qui occupait jusqu’alors la place la plus importante. Cela ne signifie pas que l’homme de la renaissance s’éloigna de la foi catholique, bien au contraire, mais un changement de valeurs est incontestable dans son rapport vis-à-vis de Dieu.

La découverte de l’Amérique en 1492 dévoile un monde beaucoup plus vaste que ce que l’on croyait et excite la convoitise et l’ambition des monarques des grands Etats européens, devenus titulaires d’un pouvoir de plus en plus centralisé. Le pape n’est plus le chef spirituel auquel on vouait une allégeance aveugle mais devient un concurrent que l’on cherche à s’allier ou au contraire à soumettre. Enfin, l’invention de l’imprimerie par Gutenberg vers 1440 va diffuser le savoir jusqu’alors jalousement gardé par le clergé et surtout permettre l’essor de nouvelles idées ou de points de vue scientifiques sans que cela ne soit systématiquement soumis à l’autorité ecclésiastique. Libérés du mode de vie féodal, les Européens voyagent de cours en cours, marchands et banquiers investissent des marchés à dimensions internationales. Les artistes, entraînés dans ce mouvement qu’ils servent par le prestige qu’ils apportent à leurs commanditaires, se rencontrent, s’influencent, échangent, et reviennent chez eux riches de nouveaux acquis. Les plus doués se voient accorder une gloire et un statut social considérable, ce qui était impensable pour un artisan du moyen-âge.

LA PREMIERE RENAISSANCE
Dès le premier quart du siècle, la fracture avec l’ancien système est annoncée, d’abord avec l’invention de la perspective qui propose un schéma de lecture inédit puis avec la redécouverte de l’art antique que l’on cherchera à imiter et à intégrer dans l’architecture, la sculpture et la peinture. Le volume est créé en utilisant des dégradés en clair-obscur et l’ombre portée va ajouter à la mise en place des éléments au sein du décor. L'évolution de la technique permettant un mimétisme fidèle du motif vient encore ajouter au réalisme de la nouvelle composition. La soif de savoir apportée par l’humanisme va faire entrer les artistes dans une compétition pour une idéalisation de la beauté en tenant compte des connaissances mathématiques, littéraires, mythologiques et scientifiques. Néanmoins, si les italiens développent un style particulier dès le début du siècle, l’influence septentrionale se fait rapidement sentir. Les marchands italiens ou Brugeois participent à la diffusion des oeuvres nordiques au sud ainsi que les voyages des maîtres flamands appelés dans les cours italiennes. Les studiolos (cabinets privés destinés à réunir des collections d’oeuvres d’art) que possèdent les grandes familles au pouvoir dans les cités-Etats de la péninsule favorisent également l’ascendant nordique dans la peinture italienne.

La renaissance, avec l’apparition de la perspective linéaire, va révolutionner la composition picturale et poser les bases de la représentation pour les 5 siècles à venir, jusqu’à ce qu’au XXe siècle le cubisme et l’abstraction mettent à bas ce système et permettent à l’art d’explorer de nouveaux horizons.
Après Giotto, les artistes européens se sont posé le problème de représenter l’illusion de la profondeur et de la troisième dimension dans l'espace bidimensionnel du tableau afin de créer des images dont le rendu serait au plus proche de la vision humaine.
C’est dans ce contexte que les efforts combinés du peintre Masaccio, du sculpteur Donatello et de l’architecte Brunelleschi ont abouti à la mise en place d’un système mathématique précis : la perspective monofocale centralisée. Dès lors la scène possède une unité de lieu, de temps et d’action. La composition gothique devint du coup inutile et l’image s’exprima à travers un nouveau langage capable de traduire le nouveau mode de pensée dans lequel l’homme, en accord avec la philosophie humaniste, se trouvait non seulement au centre de la composition grâce aux lignes de construction convergeant toutes vers un point de fuite unique mais aussi sujet central, exclusif et absolu du tableau.

L’invention de la perspective, même si l’on peut la dater avec précision de la fin de la première moitié du XVe siècle à Florence, est le fruit d’un travail commencé un siècle plus tôt. Plusieurs systèmes ont été essayé avant l’adoption de la méthode monofocale centralisée pour les raisons décrites ci-dessus. Perspective bifocale centralisée (deux points de fuite au centre du tableau) ou latéralisée (deux points de fuite à gauche et à droite du tableau) et perspective tournante (augmentation de la taille du sujet vers le centre du tableau, basée sur la vision que l’on a dans un miroir convexe et qui produit un fort effet de mouvement) ont été étudiés au début du siècle avant d’être abandonnées en partie à cause de la difficulté de réalisation qu’elles présentaient.
La perspective atmosphérique, qui utilise le dégradé de tons colorés chauds/froids combinés à un aspect vaporeux de plus en plus prononcé vers l’arrière-plan, est favorisée dans la peinture septentrionale mais aussi chez les peintres italiens à partir de la génération de Léonard de Vinci qui ont subi l’influence du mouvement flamand.

L’humanisme permet également au portrait d’apparaître, genre jusqu’alors prohibé par le pouvoir religieux pour lequel l’individu n’avait pas d’importance en soi. Il côtoie la peinture d’histoire (scènes religieuses et mythologiques) chez les grandi désireux de laisser derrière eux une trace de leur existence. D’abord présenté de profil avec un cadrage aux épaules, le portrait se verra ajouté un paysage dans l’arrière-plan puis, grâce à l’influence flamande, se montrera au spectateur de trois-quarts face.
Enfin, la première renaissance est marquée par la mode de l’antique que l’on retrouve aussi bien dans l’architecture, la sculpture et la peinture. Les artistes, souvent érudits, étudient la philosophie ainsi que les vestiges greco-romains afin d’en imiter le style qu’ils intègrent dans leur travail. Ce rapprochement de l’art païen et de la religion chrétienne témoigne d’une volonté particulière de l’homme de la renaissance, conscient de vivre une époque nouvelle, de rompre totalement avec le moyen âge en se parant d’une image rappelant la grandeur passée de l’empire romain. Dès la seconde génération de peintres de la haute renaissance italienne, tels que Mantegna ou Botticelli, les artistes n’auront de cesse d’imiter et d’assimiler le style all’antica.
Les canons énoncés dans la philosophie d’Aristote et de Platon amèneront la peinture italienne à une idéalisation de la beauté que ce soit dans la représentation des paysages, du portrait ou dans les proportions mathématiques du corps dont témoigne l’homme de Vitruve que Léonard de Vinci mis en image d’après les écrits de l’architecte romain. Cette recherche du beau idéal et de la représentation de la dignité humaine marque la différence fondamentale entre le style italien et la peinture d’Europe du nord.

Si les italiens proposent une peinture intellectuelle, réfléchie et philosophique, les flamands traduisent avant tout les sentiments intérieurs à travers un dessin expressif et poétique. Leur version de la beauté se ressent dans des oeuvres dont les figures semblent vivantes tant le souci du détail est travaillé avec une virtuosité que l’on retrouve dans les objets, les matières, l’éclairage et les effets lumineux. Les portraits ne sont pas idéalisés comme le font les peintres italiens. Rides, taches de la peau, boutons, cicatrices ne sont pas épargnés à leurs modèles. Ce réalisme si particulier rend le sujet animé, l’âme est présente sous l’image où le beau s’exprime dans l’authentique.

Admiratifs d’une telle habileté, des peintres italiens de la seconde moitié du XVe siècle l’intégreront à leur manière de peindre sans toutefois renoncer à l’idéal esthétique propre à la peinture méridionale.
L’influence flamande (van Eyck en particulier) se retrouve également dans la peinture italienne au niveau de la composition du tableau d’autel où la scène religieuse est peinte dans le même espace que celui des donateurs alors que la tradition voulait qu'ils soient placés sur les panneaux latéraux. La peinture à l’huile, issue elle aussi de l’atelier de Jan van Eyck, apportera aux artistes de l’Europe entière une technique leur permettant de retoucher à plusieurs reprises les tableaux qui, jusqu’alors, étaient faits avec de la tempera dont le liant principal issu du jaune d’oeuf séchait très rapidement. Dès lors, la complexité d’exécution des dessins se trouvait libérée de toute contrainte.

LE XVe SIECLE ITALIEN
Durant la première moitié du XVe siècle, c’est à Florence que se font sentir les premiers changements avec les styles monumentaux de Masaccio et de Fra Angelico. Si les influences gothiques sont encore présentes au début, la maîtrise mathématique du traité perspectif va donner au mouvement son identité propre.
A Urbino, la peinture est dominée par la personne de Piero della Francesca. Mathématicien hors pair, il s’exprime à travers une peinture au traité scientifique où la perspective et l’étude la lumière vont faire l’admiration de ses contemporains.
Successeur de Masaccio, Fra Filippo Lippi va donner une place privilégiée à la femme dans ses oeuvres et modifier l’ordre des éléments dans la composition du tableau. La deuxième moitié du XVe siècle est marquée par son élève : Sandro Botticelli. Attaché à l’humanisme en vogue, il est l’un des premiers à intégrer des motifs antiques dans des scènes quelquefois tirées directement de la mythologie classique. A son image mais avec un traité différent, Andrea Mantegna apporte le nouveau style à la cour de Mantoue et le fera rayonner jusqu’à Ferrare. Les grandes familles dirigeantes des cités-Etats adoptent très vite le mouvement moderne et mettent en place un mécénat qui entretient les plus grands peintres de l’époque.
Filippino Lippi, après avoir étudié sous la férule de Botticelli, acquière un style personnel et devient un artiste réputé de son vivant. Il garde néanmoins de son maître un dessin aux contours harmonieux et la douceur de ses figures.
Parmi les peintres de cette génération, Domenico Ghirlandaio est sans conteste celui qui est considéré comme le plus grand des maîtres florentins. Son influence sur les peintres de la génération suivante, dont Léonard de Vinci, est incontestable. Comme Botticelli il sera appelé à Rome pour participer à la rénovation de la chapelle sixtine.
Pérugin, se caractérise par une peinture empreinte d’une douceur particulière ainsi qu’une expression des sentiments chez ses sujets qu’il semble être le seul à réussir à mettre en image dans une extraordinaire tonalité. De son atelier sortiront de prestigieux acteurs de la renaissance classique du début du siècle suivant : Pinturicchio et Raphaël.
Enfin, à Venise, l’art est marqué de l’empreinte de la famille Bellini dont le plus célèbre, Giovanni, annonce déjà un style beaucoup plus gai et coloré que celui des florentins et qui fera l’identité propre de la peinture vénitienne.

LA RENAISSANCE DU NORD ET L'ECOLE FLAMANDE
Si les primitifs flamands ont largement inspiré les italiens, l’influence est beaucoup moins flagrante dans l’autre sens. Toutefois les peintres des pays du nord empruntent à leurs homologues du sud la représentation de sujets antiques ou mythologiques. Le renouveau flamand se fait sentir beaucoup plus lentement qu’en Italie et s’installe d’abord dans la finesse des détails apportés à la nature et aux matières. La peinture ne présente pas de rupture radicale avec le moyen âge dont elle s’approprie des visions souvent fantastiques.

Les fondateurs du courant renaissant en Flandre sont les frères van Eyck et Rogier van der Weyden. Jan van Eyck après un début d’activité à Maastricht s’installe à Bruges, à la mort de son frère, alors pôle économique central des pays du nord. Il sert principalement les cours princières de la région et jouit d’un statut social important. Alors inégalé dans le réalisme qu’il apporte aux portraits et à la nature, ses oeuvres, austères et doucement pieuses à la fois, sont à considérer comme le moteur d’un style pictural qui sera approfondi par les peintres des générations suivantes, qu’ils soient flamands ou bien italiens.
L’évolution stylistique néerlandaise est palpable dans le travail de Rogier van der Weyden actif à Bruxelles et à Louvain. En fondant l’école du Brabant il pose les bases qui influenceront les artistes majeurs qui sortent de son atelier. Le plus célèbre d’entre eux, Hans Memling, laisse une importante production ou la virtuosité technique l’emporte sur le caractère sous-jacent de ses sujets, contrairement à van Eyck.
Mais le plus énigmatique des peintres de la renaissance flamande reste sans aucun doute Jérôme Bosch dont une grande partie de son oeuvre est constituée d'images hors du commun dans lesquelles l'imagination débordante du peintre vient se mélanger à un langage métaphorique, mystérieux et occulte. Marqué par le contexte d'austérité religieuse qui marque les régions les plus au nord de la Hollande, il exprime un sentiment de piété personnelle au travers d'une critique acerbe de son époque et de ses contemporains.
Son style particulier influencera au siècle suivant des peintres tels que Bruegel l'ancien qui, hormis quelques peintures religieuses, laisse un témoignage captivant de la vie quotidienne du monde rural flamand au début du XVIe siècle.

En Allemagne Albrecht Dürer propose à ses débuts une peinture fortement influencée par le style gothique mais il fait évoluer la composition en créant des scènes dans lesquelles sont ordonnés de nombreux personnages. Ses voyages en Italie le font progresser vers un style plus épuré et coloré. Hormis des peintures à l'huile et à l'aquarelle il produit également de nombreuses gravures sur cuivre et sur bois ainsi que des eaux-fortes.
Parmi les grands maîtres allemands du XVe et XVIe siècles, il faut citer Cranach l’ancien dont une grande partie de son oeuvre sert les idées luthériennes de l’époque et Hans Holbein le jeune. Celui-ci adopte très vite un style libéré de l’esprit gothique encore présent chez ses contemporains. Il atteint l’excellence dans l’imitation de la nature et intègre une dimension psychologique dans les portraits qu’il réalise. Sa passion pour l’art antique le rapproche, d’une certaine manière, des peintres italiens même s’il conserve un traité propre au style septentrional.

En France, à l’image de la Bourgogne et de la Flandres, la peinture ne subit pas l’influence italienne. Les artistes majeurs y sont peu nombreux et le style renaissance ne s’affirme réellement vis-à-vis du gothique qu’à partir de la seconde moitié du XVe siècle. Les peintres les plus représentatifs sont Jean Fouquet, Jean Clouet puis son fils François au début du XVIe siècle qui continuera à peindre à la façon flamande, très attaché au mimétisme de la nature, avant que le maniérisme ne répande son influence sur l’Europe entière.

LA RENAISSANCE CLASSIQUE
La période appelée classique correspond à la période d’activité de Raphaël (1500 - 1520) qui impose à son époque un style adopté par tous comme modèle du langage figuratif pictural. Bien entendu le style classique n’est pas une invention du seul Raphaël mais un aboutissement artistique, fruit des recherches commencées un siècle plus tôt par tous les acteurs du quattrocento.

Généralités
Les grandes questions philosophiques soulevées par le siècle précédent et les réponses apportées par les recherches sur la perspective trouvent aux alentours de 1500 une codification stylistique que l’on observe chez la grande majorité des peintres de l’époque, qu’ils y soient arrivés à leur période de maturité comme le Pérugin ou de Vinci, ou qu’ils l’aient utilisée comme base de leur apprentissage artistique.

Totalement intégrée à la culture humaniste, la peinture, devenue savante, propose désormais une figure originale de l’être humain dans un souci de cohérence entre le résultat visuel de l’oeuvre et le sens de ce qui y est représenté. Le peintre doit maîtriser les techniques qui lui permettent un mimétisme proche de la réalité ainsi que posséder une érudition particulière afin d’intégrer des motifs en accord avec le sujet : les épisodes religieux ou mythologiques, par exemple, sont représentés dans un décor d’époque et les personnages sont vêtus à la mode de la Rome antique.

Si les motifs sont tous issus de la réalité, l'objet du tableau reste néanmoins au service du message, qu’il soit politique ou religieux. Les éléments sont assemblés dans l’espace de manière à créer la narration voulue. L'organisation de la scène utilise la symétrie et la composition en triangles imbriqués.
La place accordée à l’Homme est essentielle. Les artistes italiens et leur expression caractéristique de la beauté idéale, proposent un personnage modèle, digne, qui maîtrise ses passions pour servir une cause religieuse, philosophique ou politique.

FLORENCE ET ROME
Au début du XVIeme siècle Rome est devenu le nouveau centre artistique italien. Les peintres florentins y sont appelés à travailler pour le compte des papes. Seul Léonard de Vinci reste éloigné du faste et de l'opulence que connaissent les grands peintres de son époque. La modernité qui lui était reprochée durant ses années de jeunesse est enfin accueillie à sa juste valeur. Il apporte une dynamique nouvelle dans ses représentations de groupes aux seins desquelles les personnages participent tous à une même action. Sa technique du sfumato lui permet d'intégrer parfaitement les figures aux paysages, qu'il aime insolites et mystérieux. Il laisse des oeuvres magistrales à Milan avant d'être appelé en France, à la fin de sa vie, à la cour du roi. François Ier qui avait reconnu en Léonard le génie, sut tirer profit de ses talents de peintre mais aussi d'architecte et d'ingénieur.

Au Vatican s'affrontent Michel-Ange et Raphaël. Le premier, sculpteur avant tout, s'attache en peinture à un style aux contours prononcés et à une plastique des corps qui rappelle le volume de la sculpture. A l'opposé de Léonard il ne s'attarde pas à faire ressortir l'âme de ses personnages. Pour lui seul compte l'aspect spirituel qu'il cherche à exprimer dans le message pictural. Raphaël, contrairement à son rival, dont il adopte néanmoins le mouvement et la profondeur, s'exprime dans un style doux aux nuances subtiles qu'il a hérité du Pérugin et du sfumato de Léonard de Vinci. Il atteint la perfection dans le dessin et est reconnu de son vivant comme le plus grand des peintres.

Ces trois génies ont laissé une impression si forte sur leurs contemporains que les artistes de la génération suivante devront chercher une nouvelle expression picturale afin de pouvoir s'affirmer. C'est dans ce contexte que le style classique s'effacera pour laisser place au maniérisme.

L'ECOLE DE VENISE
Alors que la peinture florentine persévère à offrir un rendu lisse, le style vénitien s'en démarque par un travail original de la couleur et de la matière. A la fin du quattrocento, Venise possède un genre pictural personnel caractérisé par une tonalité et une utilisation particulière de la nuance et du contraste coloré. Située au carrefour des cultures italienne, flamande et bizantine, la Sérenissime s'approprie les tendances et grâce au talent de ses artistes, des Bellini à Titien, explore des voies nouvelles en terme de composition et d'éclairage. La symétrie autour d'une figure centrale est brisée pour une construction plus décalée mais tout aussi harmonieuse.
Dans la seconde moitié du XVIe siècle, l'école de Venise cède aux tentations du maniérisme avec Tintoret et Véronèse.

Giovanni Bellini rend possible la présence d'une lumière diffuse accompagnée de couleurs fortement contrastées. Giorgione de son côté, met en place un clair-obscur qui provoque un éclairage très lumineux dans des paysages mystérieux et secrets. A l'image du reste de l'Italie, la peinture vénitienne amalgame les motifs réels et imaginaires au sein d'une représentation à la beauté idéalisée.
Avec Titien c'est la victoire de la couleur sur le dessin. C'est elle qui constitue le rendu des matières, l'atmosphère et même l'expression du sujet. Reconnu comme le plus grand portraitiste de son temps il affronte sur la scène artistique Lorenzo Lotto et le Tintoret. Ce dernier, déjà engagé sur les chemins du maniérisme, utilise une tonalité dorée faite de contraste d'ombre et de lumière. Il compose ses éléments selon une construction souvent inclinée. A l'opposé, Véronèse s'attache à un certain classicisme qu'il associe à une mise en scène explosive et surprenante.

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Les peintres

les plus célèbres du courant

ITALIE
1ere renaissance

Antonello de Messine
Giovanni Bellini
Sandro Botticelli
Léonard de Vinci
Fra Angelico
Domenico Ghirlandaio
Filippo et Phlippino Lippi
Andrea Mantegna
Masaccio
Pérugin
Piero della Francesca
Antonio et Piero Pollaiuolo
Paolo Uccello

 

FLORENCE, ROME
renaissance classique

Andrea del Sarto
Le Pérugin
Léonard de Vinci
Michel-Ange
Raphaël
Le Corrège

EUROPE DU NORD
1ere renaissance

Jérôme Bosch
Dieric Bouts
Robert Campin
Petrus Christus
Gérard David
Albrecht Dürer
Jean Fouquet
Hans Holbein le jeune
Hans Memling
Hugo van der Goes
Rogier van der Weyden
Jan van Eyck

 

VENISE
renaissance classique

Giovanni Bellini
Lorenzo Lotto
Giorgione
Le Titien
Le Tintoret
Véronèse

Les tableaux

les plus célèbres du courant

Visitez la galerie

Le contexte politique

France
Charles VI 1380 - 1422
Charles VII 1422 - 1461
Louis XI 1461 - 1483
Charles VIII 1483 - 1498
Louis XII 1498 - 1515
François Ier 1515 - 1547

 

Duché de Bourgogne
Philippe II le hardi 1364 - 1404
Jean Ier sans peur 1404 - 1419
Philippe III le bon 1419 - 1467
Charles le téméraire 1467 - 1477

A la mort de Charles le téméraire,
Louis XI rattache la Bourgogne
à la France. La partie septentrionale
passe sous la domination des
Habsbourg.

Saint-Empire
Dynastie des habsbourg :
Albert II 1438 - 1439
Frédéric III 1440 - 1493
Maximilien Ier 1486 - 1519
 

Florence
République dominée par les Médicis entre 1434 et 1494.
Oligarchie religieuse de Savonarole 1494 à 1498.

Milan (duché)
Domination de la famille Visconti jusqu'en 1447 puis famille Sforza dont Ludovic le more de 1494 à 1508

Vatican
Martin V 1417 - 1431
Eugène IV 1431 - 1447
Nicolas V 1447 - 1455
Calixte III 1455 - 1458
Pie II 1485 - 1464
Paul II 1464 - 1471
Sixte IV 1471 - 1484
Innocent VIII 1484 - 1492
Alexandre VI 1492 - 1503
Jules II 1503 - 1513
Léon X 1513 - 1521


Naples (royaume)
Dynastie Capétienne d'Anjou jusqu'en 1442 puis rattachement au royaume d'Aragon.
Guerres italiennes de Charles VIII à François Ier.

Musique

Les formes musicales les plus répandues sont le
madrigal, le motet la messe, et la cantate.

Jusqu’à l’apparition du  violon au XVI les principaux instruments utilisés sont la viole de gambe, la viole, la harpe, le luth et la cythare.

Les compositeurs
Jacob Obrecht
Johannes Ockeghem

Littérature

Leon Baptiste Alberti
Pic de la Mirandole
François Villon
Clément Marot
Philippe de Commynes
François Rabelais

Galerie : La renaissance

Quitter la galerie

Fra Angelico
Annonciation
1432

Andrea Mantegna
Saint Sébastien
1455

Masaccio
Saint-Pierre
1426

Andrea Mantegna
Christ mort
vers 1480

Paolo Ucello
La bataille de San Romano
1456

Antonello de Messine
Saint Jérôme dans son cabinet de travail
1460

Fra Filippo Lippi
Vierge à l'enfant avec deux anges
1465

Léonard de Vinci & Andrea del Verrocchio
Le baptême du Christ
1475

Pierro della Francesca
Portraits du duc et de la duchesse d'Urbino
1465

Sandro Botticelli
Le Printemps
1478

Sandro Botticelli
La naissance de Vénus
1484

Léonard de Vinci
Annonciation
1475

Léonard de Vinci
Vierge aux rochers
1485

Léonard de Vinci
La dame à l'hermine
1490

Léonard de Vinci
Homme de Vitruve

Léonard de Vinci
La Cène
1497

Léonard de Vinci
Portrait de Mona Lisa
dit "La Joconde"

1513

Piero di Cosimo
Portrait de Simonetta Vespucci
1485

Domenico Ghirlandaio
Portrait d'un viel homme et de son petit fils
1490

Philippino Lippi

Vierge à l'enfant avec St Jean-Baptiste, St Victor, St Bernard et St Zenobe
1486

Domenico Ghirlandaio
Adoration des mages
1487

Michel-Ange
Plafond de la Chapelle Sixtine
1512

Michel-Ange
Jugement Dernier
Chapelle Sixtine

1541

Le Perugin
Le mariage de la Vierge
1504

Raphaël
Madone Bridgewater
1507

Raphaël
L'Ecole d'Athènes
1510

Raphaël
Portrait du pape Jules II
1512

Raphaël
Madone Sixtine
1514

Raphaël
Donna velata
1515

Andrea del Sarto
Vierge à l'enfant avec St François et St Jean-Baptiste
1517

Corrège
L'Assomption de la Vierge
vers 1526

Giovanni Bellini
Portrait du doge Leonardo Leredan
1504

Giorgione
La tempête
1507

Titien
Flora
1514

Titien
Retable Pesaro
1526

Titien
Vénus d'Urbin
1538

Lorenzo Lotto
Portrait de Lucrezia Vallier
1533

Tintoret
La découverte du corps de St Marc
1562

Véronèse
Les noces de Cana
1571

Véronèse
Le repas chez Levi
1573

Hubert & Jan van Eyck
Retable de l'Agneau Mystique
1432

Jan van Eyck
Portrait des époux Arnolfini
1434

Jan van Eyck
La Vierge au chancelier Rolin
1435

Hans Baldung Grien
Les trois âges et la mort
1440

Rogier van der Weyden
Jugement dernier
1449

Rogier van der Weyden
Crucifixion

Jean Fouquet
Vierge à l'enfant
1450

Copie d'après Jan van Eyck
L'homme à l'œillet
1475

Jérôme Bosch
Le Jardin des Délices
vers 1504

Jean Clouet
Portrait de François Ier
1525

Mathias Grünewald
Crucifixion
Retable d'Issenheim

1515

Hans Holbein le jeune
Les Ambassadeurs
1533

Pieter Bruegel l'ancien
La tour de Babel
1563

Pieter Bruegel l'ancien
Les noces campagnardes
1568